Délys de Jo

Jocelyne Gauthier

Saint-André-Avellin, Québec

Quelle était votre motivation pour commencer votre entreprise ?

J’ai toujours eu envie d’avoir une terre à cultiver. Je passais dans la Petite-Nation quand j’étais petite et que je restais à Blue Sea près de Maniwaki. Mon chum Guy et moi nous nous cherchions une terre il y a plusieurs années. Nous sommes passés dans la région et nous sommes tombés en amour avec la terre. Il n’y a presque pas de monoculture ici ; c’est un paysage de collines et de champs. J’ai ensuite travaillé au BMR, mais en 2015, il y a eu une vague de licenciements et je suis tombée à temps partiel. C’était l’occasion de commencer quelque chose de nouveau pour moi, mais je ne voulais pas faire des légumes. J’ai donc décidé de cultiver l’argousier, le safran et les fleurs à couper pour vendre des bouquets. Au printemps 2016, j’ai commencé à planter ! Éventuellement, grâce à un collègue de travail au BMR, j’ai aussi découvert l’apiculture, et je fais maintenant du miel régulier et du miel aromatisé au safran. Ma terre se prête aussi à la production de sirop d’érable et de sirop de merisier qui sont des produits qui se retrouvent aussi sur mon étalage. J’avais découvert le sirop de merisier en Gaspésie en 2007 au cours d’un voyage et le goût m’avait étonnée.   

Parlez-nous de votre équipe

J’ai conservé mon travail à temps partiel, mais le travail sur ma terre m’occupe à temps plein ! Mon chum Guy aide aux travaux de rénovation et j’ai parfois des bénévoles ; il y a eu Louise et aussi Lucrèce.

À quoi ressemble votre semaine quand vous n’êtes pas au Marché de Ripon ?

Les tâches à accomplir sont variées et dépendent des saisons : production des  sirops d’érable et de merisier, semis, entretien des ruches, etc. Nous recevons aussi des clients à la ferme. Nous terminons actuellement les travaux pour une nouvelle pièce d’extraction du miel, et éventuellement j’aimerais avoir une boutique sur place pour vendre mes produits et ceux d’autres artisans locaux. Les plantes que je cultive nécessitent des soins très précis. L’argousier produit ses fruits sur une branche de l’année précédente, donc il faut faire très attention de ne pas tout couper au moment de la cueillette pour avoir des fruits chaque année. Pour le safran, c’est la cueillette et le désherbage qui sont névralgiques. La récolte de safran se fait 3 à 4 fois par jour pendant 3 à 4 semaines à l’automne. Ensuite le feuillage reste vert de septembre à juin. Et oui, il est vert sous la neige ! Lorsque les journées deviennent chaudes en juin, le feuillage meurt et la plante tombe en dormance ; elle disparait dans le sol. Les mauvaises herbes envahissent alors le champ, ce qui nécessite 40 heures de désherbage par semaine pendant les mois de juin et de juillet. Finalement, le feuillage revient avec les journées pluvieuses et plus froides, et la cueillette peut recommencer.

Quel est votre produit préféré ?

Ma dernière nouveauté est le souchet comestible. J’adore aussi l’argousier, mais j’aime tellement mon miel ! J’aime le sirop de merisier, les bouquets de fleurs, le safran ; j’aime tout ce que je fais ! J’ai réussi à faire des semis de capucines bleues cette année, après 3 mois de germination !

Avez-vous une anecdote ou une blague à raconter ?

J’ai déjà désherbé tellement près de mes abeilles que j’en ai fâchée une et quelle m’a piqué dans le nez ! Je peux vous dire que ce n’était pas beau à voir !