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Labelle et St-Amour

Nadia Labelle et Benoit St-Amour

Ripon

Quelle était votre motivation pour commencer votre entreprise ?

Il y a quelques années, j’habitais à Saint-Jérôme et je travaillais pour une compagnie d’import/export. C’était un emploi très stressant. Mon conjoint Benoit m’a encouragée à aller faire un diplôme d’études professionnelles en production horticole. J’ai fait plusieurs stages et nous avons finalement décidé de faire le grand saut et de nous chercher une ferme. Nous sommes originaires de l’Outaouais et nous voulions retourner aux sources et nous rapprocher de notre famille. Nous avons été chanceux de trouver la perle rare à Ripon. C’était le destin ! Cette année, nous entamons notre 6e année de production. 

La demande pour nos produits maraichers bio est en constante augmentation ; nous sommes passés de 2 acres de culture il y a 5 ans, à 10 acres cette année.

Nous avons deux serres : une serre chauffée avec des cultures en sac comme les concombres et les tomates cerise, et une nouvelle serre froide pour les laitues, les oignons verts, les bok choy et les épinards pour le début de saison et pour prolonger la saison à l’automne. Ces serres nous permettent d’avoir plus de primeurs, c’est-à-dire plus de légumes qui sont prêts tôt dans la saison alors qu’il fait encore froid dans les champs. 

Plusieurs cultures comme la courgette, le poivron, l’aubergine, la tomate et le haricot sont aussi faites en serres tunnel dans les champs. 

Nous faisons une rotation des cultures à chaque année pour éviter les maladies et les insectes, et nous utilisons des engrais verts pour garder les sols fertiles. Cette année, nos 5600 caïeux (c’est les gousses) d’ail ont été produits sur place. 11 ruches sont aussi installées sur la ferme, ce qui aide à la pollinisation. 

Notre ferme est en constante amélioration. Nous avons une cuisine de transformation, une chambre froide et une station de lavage des légumes. Nous avons aussi entreprit des travaux pour faire un bassin de rétention d’eau pour l’irrigation. 

Parlez-nous de votre équipe

Nous avons une ferme familiale. Il y a moi qui est à temps plein et mon conjoint a un autre emploi. Il travaille donc sur la ferme les soirs et la fin de semaine. Ma fille Océanne nous aide sur la ferme et pour les ventes au marché. Nous avons aussi deux employés à temps partiel de février à la fin octobre.

À quoi ressemble votre semaine quand vous n’êtes pas au Marché de Ripon ?

Tous les matins dès que les semis sont démarrés, on doit faire une tournée des systèmes d’irrigation, des toiles, des tunnels, des serres et des champs. Tout se rempli graduellement de plantes à entretenir. On vérifie qu’il n’y a pas de ravageurs et on trouve des solutions pour tout. Il y a chaque jour un tableau de tâches à faire sinon on prend du retard ! Le nerf de la guerre c’est le désherbage ! En début de saison, on a plus de temps, mais à mesure que les cueillettes s’intensifient on doit faire attention pour ne pas perdre le contrôle. 

Nous faisons aussi des livraisons : des paniers le mercredi à Wakefield, et des produits pour les Serres de Gatineau et Saveurs des Monts le jeudi. Le vendredi nous préparons les produits pour le Marché de Ripon du samedi ; tout doit être cueilli et prêt à partir pour le lendemain matin. 

Finalement, nous gérons aussi les courriels et les textos de nos clients pour des réservations ou des commandes, souvent en même temps que le travail physique sur la ferme.

Quel est votre produit préféré ?

On adore les concombres ! Et les melons d’eau, le cantaloup et le melon miel ! Nos produits vedette en début de saison ce sont les concombres libanais et les tomates cerise. Les plants de concombre me dépassent déjà dans la serre ! Nos clients peuvent aussi réserver des plants pour leurs jardins sur Facebook, et nous en avons à vendre pendant les premières semaines du marché de Ripon. En plus, j’ai une nouveauté cette année : les champignons pleurote. On a aussi planté des framboisiers. Ils sont en développement et seront prêts dans quelques années.

Avez-vous une anecdote ou une blague à raconter ?

La 3e année qu’on était ici, il y a une marmotte qui est entrée dans le tunnel de laitues. Elle en a mangé 25 ! « Le cœur m’a arrêté ! » On a trouvé son trou et on l’a déménagée !

Mon employée Pasquinel a une peur bleue des couleuvres. Quand je travaille sur la ferme, je n’en vois jamais, sauf quand Pasquinel est là !
En culture maraichère bio, il faut apprendre à vivre avec la sécheresse et les canicules, la grêle et les bibittes. Il n’y a aucun pesticide chimique, alors certains légumes peuvent être un peu moins beaux même si ils sont très bons. Par exemple, si vous voyez un bok choy avec quelques petits trous, dites-vous qu’en plus de vous nourrir vous, vous avez nourri un escargot !